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19/09/2010

209. les plaines hurlantes


Dans les sifflements du vent qui faisait onduler les herbes hautes, il n'avait rien dit. Il se souvient seulement des bras de sa mère qui l'encerclait, alors qu'elle portait l'enfant, l'emmenant loin de la tragédie qu'elle avait connue de l'autre côté de la barrière. Ils s'en allaient, et le monde avec eux. Ils connurent des années de fuite improbables, le mystère se mélangeant au quotidien, puis le temps passa jusqu'au jour où il se demanda si tout ceci n'avait pas été une imagination de son esprit. Cette tragédie, avait-elle réellement eu lieu?

12/09/2010

210. all the world is green


Romeo is bleeding and all the world is green. If you have one cigaret i'm an angel. Ah ah.

I'm the new man in charge, dawn by law, but i'm freak. Are you a godess? Ah ah.

If you cry I can swin. Or reading a story. Ask me a question, please, bunny. Ah ah.

Samo is dead for a long time. God was a punk. I'm drunk all the days. Ah ah.

Breaking the waves, with you, not really, but we can now. Ah ah.

What are you doing here? Come with me! You sea the see? Ah ah.

I have a dog, big dog with scary stomach, big klaws and black eyes. Ah Ah.

I'm die, yes it's true. In the blood, in the town. Ah Ah.

Are you see my blood over there? Oh non, it's my heart, that...

But, Romeo is bleeding. Take a minute for me. I can tell you my life all the night...


"When I was young..."

211. nos anges n'ont pas de couilles


Tu t'es soudainement détendue, c'est drôle comme tout semblant calme tu trouvas le moyen de couper ce silence par un hoquet incessant qui se voulait des mots. Puis tu te voulais parlante, femme-savante d'un monde-écureuil ou personne ne pouvait décréter détenir une part de vérité, et c'est ce qui m'a toujours énervé chez toi. Nous étions fait l'un pour l'autre disais-tu, ah que n'ai-je passé des nuits à contempler ton plafond en me disant que la vie d'un artiste maudit ne pouvait que ressembler à ça, des boucles et des boucles de solitude, contempler ton salon en écoutant une émission parasitaire à la con. Tout un programme.

Parfois je me vois en grand méchant, ce que je suis cyniquement, mais je n'ai plus le courage de te parler de tes fausses manipulations, de tes sentiments que je connais jusque sur le bout de l'épiderme, ton amour se veut irrationnel alors qu'il est bien tout l'inverse. Tu es une fille structurée, mais mentalement une enfant qu'on a jeté dans un corps de femme. Depuis on a jeté la clé, tu emmerdes les hommes, tous t'en veulent et pas un ne veut de toi. Même plus moi. J'ai épinglé tous mes trousseaux à ta maison, j'ai rendu la liberté à ce petit oiseau rouge que tu gardais, j'ai tout nettoyé dans le couloir, j'ai brisé la porte d'entrée afin que plus personne n'entre ni ne sorte puis je suis sorti faire un tour dehors en me disant que oui, t'avais raison, j'étais devenu le connard pathétique que tu voulais que je sois.

Petite fille, je savais très bien où j'allais, je le sais encore aujourd'hui même si toutes les routes ne sont pas des directs. Moi je prends les interstices avec vue sur la mer, les citadelles imprennables, les longs détours à flâner dans les champs à l'ombre d'un chêne, un livre à la main du poison dans l'autre. J'ai embrassé tout ce que tu n'étais pas, je me suis défini en chemin, j'ai compris mes erreurs, tu peux en dire autant? Me voici désormais tel que tu m'as façonné dernièrement, je peux dire que je suis revenu car oui c'est bien vrai pour tout un tas d'âmes guignolesques qui peuvent tomber sur ma route en guise de pavés. Mais pour toi je suis monté sur l'échelle de Jacob sans jamais redescendre, tu attends en bas de cette échelle, tu comptes monter, non tu comptes pas, monter c'est trop dur, vaut mieux rester les pieds sur terre. Ici c'est plus tranquille, stagner, pourquoi pas se coucher dans la boue et faire un petit somme?

Alors je grimpe, par flemmardise tu ne monteras pas me déloger, ta fainéantise à tout englué, tu ne t'en rends même plus compte. Tu tournes en rond, tu te dis j'ai raison il a tort, ce que je me disais avant à ton sujet. Mais j'ai dépassé cette phrase, j'ai compris qu'il n'y a plus de valeurs, que je ne suis roi de rien, pas même d'un royaume merdique. Je ne te vois plus en reine depuis bien longtemps non plus, je sais que tu n'as ni raison ni tort. Je sais à présent tout de toi car dans ton sommeil je t'observe du coin de mes rêves attendre qu'un autre vienne panser les plaies grandes ouvertes. il n'y a plus de place dans les miens alors je déborde sur les autres, "je" est un autre, un autre qui galope loin devant toujours sur la même échelle, je le rattraperai bien un jour afin de l'etouffer ce petit salaud petit pervers. J'ai compris une fois encore qu'il n'y avait pas de sortie sinon la mort, que ce soir je viendrai t'empoigner sale petite salope afin de t'etouffer de tout mon sôul dans les rêves chimériques des noirs tranchées. Vois-tu le bourreau que je suis, l'immense démon qui a dévoré mon âme? pantin désarticulé qui ne te connais plus que tu ne comprends pas, il sait tout de toi, il a compris ton manège, il est fou, certes, il devrait se faire interner pour autant de stupidité. les carnets noirs se suivent, se remplissent, bientôt nos années chérie, bientôt viendra le moment où je pourrais t'étreindre à te nouveau en disant quelle sale garce tu es. Je prendrai ta graisse à bras le corps pour aller la tendre sur des étalages étincellants que tu souilleras comme tu as souillé tout ce que tu touches et moi...

et moi...

et moi dans ma démence...

dans ma démence je serai le plus abominable des Napoléon que tu as osé aimer l'espace de treize heures, vingt minutes et quarante-huit secondes. Je t'aime aussi, ne t'en fais pas pour ça. Sache que je n'ai jamais été derrière toi, au cas où.

212. l'art de créer le tout à partir d'un seul noyau


Lui diceva: "non sei fregato veramente finché hai da parte una buona storia, e qualcuno a cui raccontarla."

11/09/2010

213. 11 septembre


à l'ombre des tours mortes où rien ne bouge le ciel devient rouge, c'est ton souffle que je retiens comme autant d'explosions. Ton parfum revient cruellement en douce,par derrière sans que je le sache il hurle arrivederci amore ciao. Je le savais. Je l'avais prévu, cette grande chute. Babylone est une pute des temps modernes, j'accours dans les temples et rien ne vient que la grande chute des idéaux, de tout ce en quoi l'homme croit, des passions à couper le souffle et les grands diplomates d'une force libre de fainéants!
Mais passons nos années, faisons comme si je n'aimais que toi jusqu'au dégoût des hommes jusqu'au dégoût des autres. J'ai encore ton parfum sur l'oreiller. Une odeur de cendre en poche. Quelques brins de tragédie, un soupçon de grandeur quand on cherche à se hisser sur la pointe des pieds pour conccurencer les buildings y'en reste trop des hommes comme moi.
Je fais encore des ronds dans l'eau. Je perds le nord pour toujours à l'inverse de la chanson. Un hymne national est jeté aux ordures plus loin, ou vomi par des extrémistes je ne sais plus. J'ai encore l'amour de toi. J'ai encore le parfum de toi. J'ai encore l'ivresse de toi.
Et tout est faux mais j'aime croire que non et puis si mais non.
Je me contrarie moi-même sur toi, tu vois?
Il ne reste rien que le grand souffle qui peine, la fumée grises des fondations, le remord, le scrupule de se laisser envahir, de s'être laissé submerger. On reprend.
J'ai maintenant plus aucun poil au menton, je porte une chemise. Je fais l'amour dans du papier peint qui ne se décroche pas. Je sens d'autres odeurs, j'ai oublié la tienne. Puisque c'est ainsi que l'autre faisait. Je crois qu'il ne faut pas regarder en arrière, mais comment faire quand on est enchaîné à lui? C'était la question à un million ça, bonne soirée adieu aurevoir au plaisir.

214. les petites tortures de M...


Mon visage se découpe dans le miroir, la fumée de ma cigarette bouge dans tous les sens, affolée. Pas un son dans tout l'appartement, pas une note de musique, aucunement. Quand je sors c'est pour voir tomber les feuilles des arbres, je me dis que revoilà l'automne, bientôt, et tu n'es plus là. L'hôpital a fermé en mai, juste après ton coma, les fleurs brunissent et se fanent.
Le temps aujourd'hui me semble long, je contemple un chêne rongé par le cancer, un écureuil courant le long de son écorce, quelques fourmis en file indienne. En parlant d'indien, une troupe se prépare à attaquer le fort, les anglais doivent faire face, quelques cow-boys de plastique dans le décor.Une vieille peluche abandonnée, quelques animaux.
J'entends encore le bruit de tes pas sur l'herbe. Y'avait encore tes cheveux dans le lavabo ce matin. Je viens m'asseoir sur un banc, taillé à l'encre blanche il y a deux prénoms, deux inconnus qui s'aiment, comme nous. Je monte les yeux au ciel, toujours cette obsession du silence. Aujourd'hui il fera beau.

07/09/2010

215. conception


Les naïfs et les romantiques croient que la statue existe en tant que potentiel dans la pierre. Moi, je dis que le sculpteur force la pierre à se plier à sa volonté.

216. Carole Martinez, le coeur cousu


Mon nom est Soledad.
Je suis née dans ce pays où les corps sèchent, avec des bras morts incapables d’enlacer et de grandes mains inutiles.
Ma mère a avalé tant de sable, avant de trouver un mur derrière lequel accoucher, qu’il m’est passé dans le sang.
Ma peau masque un long sablier impuissant à se tarir.
Nue sous le soleil peut-être verrait-on par transparence l’écoulement sableux qui me traverse.
LA TRAVERSEE
Il faudra bien que tout ce sable retourne un jour au désert.

À ma naissance ma mère a lu ma solitude à venir.

05/09/2010

217. algorythme


et l'autre, celui qui avait tué dieu avec un fusil de chasse, tenait entre ses doigts un sandwich jambon-beurre. Il semblait croquer la vie à pleines dents, en possession de tous ces moyens, mais d'apparence seulement puisqu'il avait commis le meurtre ultime.
Tous le regardaient, tous l'épiaient, le voilà qui avait mis fin à ces horribles supercheries qu'on chuchotait dans la cage d'escalier. Dieu n'est plus, dieu est mort. Enlevons la majuscule à ce misérable, éliminons les autres créatures, l'enfer en retour, peut-être.

218. nature morte


A présent que tout est mort à la rentrée, déjà l'automne à nos portes, tes petits pieds se décollent du sol où je suis entrain de prendre racines et tes yeux se détachent à peine dans l'obscurité. Car il faut bien des années de renouvellement, je pense que tu avais agi par intérêt de ton intégrité alors que moi c'était le fait de ne pas vouloir de changement qui m'obsédait. Tout comme avant, je regarde encore en arrière, je me tourne vers le passé. Te voici encore. Où aller désormais, quelle direction prendre? Y'a un piano tout au fond de la cour, le plancher craque, le vent qui souffle fait battre volets et fenêtres, on se réapprivoise en silence dans la pénombre, nos deux corps floués dans le noir, nos souvenirs tronquées, nos voix par habitudes qui se taisent. Nous sommes en travers de cette salle vidée, chacun dans un coin, chacun dans un cercle. Le piano semble se taire, nos sources tarissent, nous nous effeuillons légèrement, j'ai pris mon crayon dans ma main droite, je commence lentement à te dessiner sur le sol, tu n'as plus peur de moi. Tu n'as jamais eu raison d'avoir peur de moi, nous nous sommes pardonnés, enfin je crois, nos douleurs qu'on passe, nos crises apaisées. Et te voilà femme encore, femme toujours dans les ombres, elles te caressent les seins, le tissu se tend beaucoup dans le silence de ta respiration. J'admire le mouvement lancinant de tes narines, tes pupilles qui tremblent, les larmes le long de tes joues. Le sang est tombé sur le sol, il faudra le laver. Je vois le tableau, celui que j'ai peint avant de partir, c'était laa dernière fois, il y a cinq ans déjà, c'est long cinq ans sans toi. La dernière fois te souviens-tu, j'avais ta robe dans mes mains, mes lèvres sur ton front, on vivait de la même respiration, c'était moi qui pleurait tout seul. J'étais nu, je le suis encore, je le serai toujours. Je suis un sauvage qui ne sait plus écrire, il ne sait que fuir, cet homme que je vois dans la glace le matin. Et j'ai peur car les sanglots ne se taisent plus, les tiens meurent sans cesse, un mouvement, l'éclair de la lame, le bruit du vent dans les feuilles, ton silence qui se coupe en un "ah" sonore. Ta tête retombe sur ton corps, j'en viens à t'embrasser, je me saisis de mon chapeau tombé au sol que je replace sur ma tête. Je me dis qu'enfin, tous les souvenirs sont vraiments morts. Alors je m'en vais dans le soleil, dans la lumière, toi tu restes dans le noir d'une maison vide aux reflets de notre ancienne vie. Amen.