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16/12/2010

163. les alliances


Et cette route cuivrée quand vient la neige se transforme en un territoire vierge d'insoumis que je suis le seul à minuit à souiller de ma chair, de mes lourds sabots, de mes larmes cendrées. Alors on croirait au miracle, qu'un dieu bienveillant gomme la route en laissant aux hommes le droit de refaçonner le monde pour une minute encore. Nous ne sommes que nos absolus. Sous la neige qui tombe nos erreurs s'effacent, le pauvre homme endormi ne se relèvera plus: tu as péché mon fils, voici mon église tout entière afin de te juger, pauvre diable. Les animaux sortent de leurs tanières, les chamois gambadent, attirés par le sel au coin des autoroutes, la dernière image sera animale ou ne sera pas. Les couples baissent le chauffage pour mieux s'attirer, les enfants en sortiront pimpants, neufs, de cette fabrique des neuf mois. La solitude se creusera, les hommes s'entraideront, les barrières seront enlevées, tout un système nouveau se créera de ce chaos environnemental afin que l'humain solidaire envers son prochain devienne le prochain roi du monde. Qui sait, demain ce sera peut-être à vous de jouer à dieu?

13/12/2010

164. PAX ROMANA


Ombres jaunies et brisées sur territoire achevé: ne retenez plus vos larmes, pleurez sur les couleuvres et diverses babioles qu'on vous a forcé d'ingurgité, sur votre stupidité et vos souvenirs tronqués de jadis.

165. les guignols et le sexe


Et ma mère, disait-il parfois, avait, ce week-end, fait la seule chose qu'elle pouvait faire avec les hommes et notamment celui qui nous recevait. Elle avait donc usé de son charme encore une fois pour séduire en touchant les hommes sur leur faiblesse, mais n'en désirant rien de moins ou de plus, le soufflé retomba. Le contact physique ne se fera pas, l'homme soudainement comprit ce qu'il se passait, jura à la trahison, la perfidie même, et nous laissa une nouvelle fois sur les routes, moi en prince déchu et ma mère telle une câtin infâme sans acquéreur.

09/12/2010

166. "écrire est un métier de feu, disait Molière"


Depuis que j’ai pris tout à fait conscience du temps, je me suis senti vieux et j’ai voulu vivre. J’ai couru après la vie comme pour attraper le temps et j’ai voulu vivre. J’ai tellement couru après la vie qu’elle m’a toujours échappé. J’ai couru, je n’ai pas été en retard, ni en avance, je ne l’ai jamais rattrapée pourtant: c’est comme si j’avais couru à côté d’elle.
Ionesco, journal en miettes

167. imbécile t'as encore été traîné dans l'fond des asiles!


Imbécile combien de fois faut te le dire que les vieux fantômes ça n'existe pas?

et ton coeur fait encore des ratés quand tu vois sa photo on myspace.
Imbécile t'as encore été traîné dans l'fond des asiles pour trouver l'amour fou.

romantique, romantique à souhait et idiot.

Imbécile elle t'a tout déchiré, dévoilé, happé!

et pourtant tu avais encore envie d'elle en voyant ses photos.jpg.

Imbécile tu deviendras fou à force de vouloir retrouver quelqu'un qui ne veut plus te revoir, qui te hait, qui n'est qu'une sous-merde, qui s'est moqué de toi, qui t'a piétiné, qui t'a craché dessus, qui rit encore de toi dans le bras des autres...


foutu fantôme, sacré imbécile.

06/12/2010

168. des S. et puis des M.


Il pleut en hiver dans mon matin, froid glacial qui réveille lors du premier clope, un frisson cingle mon visage. Les larmes sont grises, la pluie tombe en hiver, gèle les routes, le ciel ne ressemble plus à rien, se confondant à la terre, aujourd'hui terre de départ. Plus tôt, un message d'elle disait qu'elle s'en allait, qu'elle reviendrait comme ça me voir de temps en temps, alors je tentais de ne pas enrager le jour de mon départ. Mon café était amer, tiède, il ne passait pas. Plus bas je regardais mes mégots de la saison qui apprenaient à nager entre les voitures dans une flaque rectangulaire au tracé automobile. J'ai souri, ces petits poissons inertes étaient morts depuis belle lurette de la même j'étais eux, des petits filtres usagés qu'on avait jeté. Je me suis senti comme ça, ouais. Toutes les larmes étaient grises, j'ai resserré un peu plus mon manteau hivernal, je me suis soumis à la destinée du pas-de-bol, fallait bien admettre son sort de vaincu. La peinture de la chambre d'en-face était finie, mon travail également, mon séjour aussi. La ville me claquait sa porte au nez, rentre chez toi, demain il fera moins bon et le soleil sera moins long. Alors les cheminées envahissent le paysage, si tant est qu'il y en a un, un bout de montagne se découpe entre deux ombres grises, j'ai le sommeil tragique, n'ayant dormi que quatre heures je suis encore endormi, même le froid n'a aucun effet de réveil, aucun électrochoc ne peut me contenir, aucun express. Ridiculement me fait écho une annonce, bonchemin est là pour vous montrer le bon chemin façon 1984 en vous disant ce qui est bon, ce qui est mauvais. Il est 9h15, la ville se réveille, je me réendors, ma clope est consumée entre mes lèvres, mon poisson rouge tourne dans son bocal convenablement, la fatigue m'emporte, son sourire refait surface dans un coin du tableau, j'ai pas fini mon café, dehors il fait si froid qu'un banc accueille mon reste de vie, et je m'écrase de tout mon poids en sifflotant la musique de bonne nuit les petits.

04/12/2010

169. pièce originale




JE suis votre absolu.


170. it's time to save the world


Ne t'inquiètes pas, je te trouverai au milieu des rayons, je sais te surprendre. J'ai le bac en poche, mes histoires tournent en boucle, elle s'achèvent pour mieux renaître. Ne t'en fais pas, j'ai fini de travailler, je suis en congé longue durée, je vais écrire tout le temps pour toi des romans d'amour qu'il nous faudra dix ans pour relire. Nous relieront les étoiles comme ça, dans ce grand canevas de l'univers tu verras nos deux prénoms, ceux des anciens qui étaient, ceux qui sont, ceux qui viendront. Toutes nos histoires vaudous ne sont que du flan, j'ai mis Mick Jagger dans ma poche, je l'ai emporté avec moi tout l'après-midi dans les rayons peinture d'une grande enseigne. J'avais mal aux yeux, les néons me grillaient la peau, je faisais ça pour toi qui m'ignorait totalement. Deux amies sont venues, elles m'ont proposé un verre, puis deux, puis trois, nous avons fait l'amour au milieu de ta chambre, dans tes vêtements, roulés en boule dans l'armoire et aussi au coin du bureau. C'était bien je crois, je leur ai laissé mon corps en gage. Tu ne pourras pas me revoir, je m'en vais, j'ai pris le dernier métro qui rentrera à la maison, la mienne, et je compte te surprendre bientôt dans les rayons du supermarché, je te connais, je sais où tu fais les courses. Quelqu'un te préviendras, il essayera du moins, il te dira: "méfie-toi on t'aime" mais ce sera trop tard, l'amour sera déjà passé à la manière de l'été malouin, trop vite, trop court, trop dense. On dansera la nuit sous les médicaments, on se bloquera quelque part dans ton lit, on fera le jeu de la haine, celui des dollars, la séparation des bien et un tier de ta fille. Je me nommerai Paul, Louis, Jacques ou André, je serai l'asphalte lointain, je fuierai le monde avec une partie de toi, un souvenir ou une idée, je veux refaire la peinture de toutes les maisons du monde, le faire vite et très mal, je veux m'éloigner encore jusqu'à oublier, jusqu'à ignorer en dépit du bon sens en tuant tous les idiots qui me barreront le chemin car ils ne peuvent pas comprendre que je suis l'autoroute quand vous n'êtes que des chevaux. Je serai flûte, vous serez piano, je serai traversière. Tu m'aimeras, tu le comprendras enfin trop tard, je vais te regretter, j'aurai un tiers de ta fille à recoller. Je vais tenter l'approche, délicate et soyeuse. Ce sera trop tard, les bombes nucléaires vont nous réduire en charpie, de nos cendres mélangées ne subsistera plus que ton écho, mon égo, ton écho, ton égo, mon écho, mon égo, mes légos. Et ce sera fini.

02/12/2010

171. Maestro et Cie


Tes petits papiers buvards qu'on laisse passer, ta robe étroite et tes cheveux à la zorro. tu écoutes inlassablement la même rengaine, derrière tes lunettes cuivrées tu attends que le monde se relance en 2.0. Des nouvelles rencontres font vibrer ton coeur martini, tu as un sourire de travers sur ton visage qui fait penser à Jean KIRI (c) ou Jean KIPLEUR (c) mais tu n'as jamais aimé les courses de bagnoles américaines à la télévision. Etroitement singulière d'esprit, tu te dis éprise d'aventures quand l'envie te prend d'aller au congélo pour goûter les différents parfums de crème glacée: fraise vanille passion framboise pistache citron crème brûlée macarons viande hachée peau humaine 100% boyaux de porcs. Quand l'envie te prendra de recommencer ta vie il sera déjà trop tard, d'autres l'auront écrite pour toi sous forme de comic-book. Tu seras supernaturelle ou tu ne le seras pas. L'avenir n'appartient qu'à ton toit. Tu n'auras qu'à danser pour remonter le temps et les montres et les horloges et les moteurs 16 soupapes qui traînent dans ton allée. Puis le temps te fânera, puis le temps t'emmèneras, nous portera, nous détruira, nous micro-ondera. Tu liras mes livres à l'envers, je te noierais. Tu poseras tes petits pieds écossais sur mes genoux, je te flouerais. Tu seras l'écho je serai le chien. Devant l'ennui tu seras inodore, incolore. Je serai l'absente, tu seras ma compagne. Je serai la vie tu seras ma mort.

01/12/2010

172. pluie et neige en alternance


La cadence en descendant les marches, battre le temps dans sa propre course, fermer la veste jusqu'en haut pour vaincre le froid. Ne pas glisser sur le verglas à se rompre le cou, éviter la catastrophe. Ne plus sortir de chez soi et hiberner de toutes nos forces. Devenons la légende ancestrale du peuple sous la neige. Racontons-nous nos balais, nos essuie-mains, nos moteurs diesels, nos dollars: nos nouveaux dieux qui seront nos anciens dieux. Alternance de joie et de peine aussi, dans l'obscurité on se révèle, on deviendra des impuissants qui seront destinés à la puissance, tout sera à recommencer, la fin du monde sera le début du nouveau.