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30/01/2010

383. Over There


J'ai le mot du maudit sur la langue de bois élévée à la bière québécoise. Et voilà le temps qui redescend, les néons du néant et pas grand chose à raconter, conter encore l'impossible, compter...

Ce n'est que le début dans le froid des fournaises, il pleut encore sur le sommet et tout est blanc-chantilly. On saupoudre un peu de caramel dans cette eau lourde. Si forte qu'on en voit les muscles. Il y a du frais et du frais encore. Un corps. Un corps qu'on croise qui joue du cor dans ce faux décor (des corps?). Au sortir du brouillard: ne pas confondre les ombres des fantômes. Ne pas s'amuser avec ça; au contraire, c'est ceci qui a besoin qu'on le console d'un piano.

Rejouer les dernières valses, écrire sur un coin de table qu'on a bien mangé en quelques lignes mais que le repas fût dégueulasse. Je suppose que le chef pisse encore dans les bouches-à-la-reine, que faut-il dire?

"mais appelez donc la police?"

et comme la police c'est nous on se téléphone l'un et l'autre, l'un demandant à l'autre de la crème l'autre demandant à l'un ce vieux remède de grand mère. C'est bon, je l'ai, avais-je pensé soudainement en me levant alors, la journée s'écoulait dans le sablier, le temps ramassait ses billes, le sel saupoudrait mon café et se terminait tout droit devant. Puis le temps se leva, les jambes poilues ne furent jamais rasées, tout un car de touriste tomba en panne. Il manquait les trois autres cars. Déchiffrant l'infranchissable dans l'incodifiable j'ai voulu imiter le chimpanzé sans succès. Recalé. Le car ne put repartir, les touristes râlèrent et le chauffeur s'amusa en les faisant applaudir.

"J'ai raté ma vocation; m'apprenait-il à moi et mon collègue de collège, je voulais travailler en salle!"

Mais il n'est jamais tard pour une vocation, ni pour partir vendre en Angleterre, toutes les fermes se rencontrent puis de toute façon la journée se termine tranquillement. Alors le visage plein de terre et le coeur miné on se surprend dans une glace à la fraise. Voici que je suis comme...Ou que U.... me ressemble. Oh non c'est trop, trop, tropico!

"Relax Max!" m'avertit Karl qui ne s'appelait pas Karl.

"il se peut que demain on te fasse la même!"

384. petit mensonge entre ami(e)s


à l'instant à l'instant mes dames, ne touchez pas plus au caviar qu'à l'homme. Les deux sont moisis depuis demain, il faudra s'armer de patience jusqu'aux bouchées-à-la-reine. N'attendez plus que le poisson cuise, servez-le ainsi, tout frétillant dans la grande vasque argentée, j'attendrai pas plus longtemps, je veux perdre le passé en route.

à l'instant à l'instant mes dames, laissez-moi une heure ou deux dans votre subconscient, j'ai toujours aimé la cervelle de porc. Je veux couler l'or pur au fond de vos gueules, sentir mon sperme chaud vous retravailler les (basses) côtes.

Terminez donc la crème anglaise et toutes les fondues des alpes, ne sortez pas trop tôt le nez dehors et le gâteau au chocolat, se serait dommage que le croquant se termine en fondant, puisqu'il faut bien mourir de quelque chose mourront de nous manger nous-mêmes.
Je vous énerve? N'était-ce pas le but mes dames?

à l'instant à l'instant je me ris de vous, tous ces mensonges que je ne dit pas, jamais, et que je garde en digestif. Puisqu'il faut bien savoir que je suis le plus doux des agneaux avec l'humour féroce d'un cannibal cynique perdu dans la fôret. Puisqu'à l'instant où je nettoie ma lame, que je deviens loup prêt à vous dévorer, il me faut devenir hargneux pour vous avaler tout rond sans remord. D'où cette petite méchanceté.
Mais s'il vous plaît, courez mes dames, je n'aime pas la viande trop grasse!

29/01/2010

385. Camille


Je m'envoie des lettres anonymes pour qu'on connaisse pas l'adresse de ma solitude.

28/01/2010

386. l'inutilité d'un coquelicot


J'ai des tickets de cinéma dans la poche d'un film que je n'ai pas vu.

J'ai des vêtements de l'Inconnu dans ma penderie.

Je me fais une autre idée de la mélancolie.

Je réécoute la solitude de Ferré.

387. Kris


Eh! quoi te dire et quoi faire dans cette vieille rue aux pavés délavés? J'étais au comble de l'ironie, tout autour venaient les fantômes d'un autre temps. Ils erraient en rond sans cesser de s'ét(r)eindre pour moi?

Je devais en faire quoi de tout ça? me réinventer un monde ou laisser les choses pourrir? Je ne savais plus vraiment dans ma vieille barbe blanche. Mon crâne dégarni me faisait mal, mon corps fissuré et mes chemises en lambeaux.

Alors je cherchais une réponse dans tous mes livres, mais la vie n'est expliquée nulle part. On se ment à soi-même d'abord quand on ouvre un livre, on cherche à apprendre des erreurs des autres, mais très vite on comprend que dans les livres ce ne sont que ça ces petites histoires de vie intéressantes: des erreurs. Alors on raccroche tout, nos chemises et nos envie d'idées, on se mord un peu plus jusqu'au sang. On emprunte la mine renfrognée d'un Bud Spencer en fermant les poings dans ces poches, un cigarre au bec pour se dire qu'on a mûri. On se ment encore à notre corps, on se délasse on se délaisse d'une apparence. Ressemblant à rien on finit vite dans la rue Grenelle ou la rue des amours en rejetté, mais ce n'est pas grave les premières années.
On en vient vite à parler aux fantômes, leur dire, eh, oh! tu voulais que je fasse quoi?

J'ai vécu en attendant la mort des montagnes de bons sens qui n'étaient dans aucun manuel. J'ai chanté des tubes aux étoiles pour leur faire comprendre l'impuissance. J'ai aimé mille femmes de tous pays et bu dans toutes les coupes. Je ne suis pas un clochard, je suis un roi qui sait que la vie avant tout c'est notre propre plaisir, mais vous qui lisez ceci, après tout, ne suis-je pas entrain de commettre une erreur fatale dans l'explication?

27/01/2010

388. oh Marlène!


Je rêve de Marlène, m'intéresser plus à elle et me faire un cycle entier sur sa vie. C'est décidé, Bertrand m'a inspiré cette nuit, je n'en peux plus. Je suivrai Marlène jusqu'en dehors des combats!

389. il y a quelque part dans la nuit une ville et Dieu sait quoi, c'est difficile à imaginer...


J'ai vu ton sourire au lendemain quand enfin tu te rhabillais lassivement, perdue de me quitter, et que mes baisers se déposaient dans ton dos. J'avais oublié ma littérature en route, mes connaissances dans la rue et ma haine dans l'escalier menant à la chambre.
Nous nous étions posés sur le lit délicatement, était-ce la force de nos baisers? je ne savais pas. On s'est déshabillés en se déchirant, étreinte difficile au demeurant, tu m'avais laissé dans le soin de me détacher d'une peau la trace d'une griffe. Je n'avais pas fait mieux, j'ai oublié une dent dans un coin de ta cuisse. On avait appelé ça l'amour, mais n'était-ce plus?
A cet instant d'unisson peu importe le monde et les guerres, on sait bien qu'alors sur le lit "autour" n'existe plus. Et ce lit pourrait voguer n'importe où de la même manière que celui de Little Nemo escalade New-York de ces grandes jambes.

J'ai planté mon corps en toi en même temps que t'implantais ton âme à l'écrase le long de la mienne. J'ai dérivé sur les océans métaphoriques de la pleinitude, le scandale mélancolique de ce moment m'importa peu. Et puis le réveil, tu étais souriante, j'étais dans ton dos, je voyais ton sourire rayonner tout autour de toi (ainsi que dans la vitre de cette chambre non-située). Tu te rhabillais lentement.


"J'ai peur.

- De?

- De notre amour si fort!"


Alors je suis sorti, nu. J'ai acheté des fleurs plus bas dans la rue avec je ne sais quel argent. Comme un automate j'ai tourné à droite. J'ai rattrapé mon chapeau sous l'arc-en-ciel des ébats. J'ai saisi des mots à l'envolée. J'ai contemplé le silence. j'ai attendu que les anges passent au feu rouge. Tout était sens-dessus sens-dessous. Et mes jeux de mots pourris ont ris de moi quand je me suis fait écrasé par les poèmes de Victor Hugo. Alors du fond de mon paradis je rêve à ce ticket invalide, j'ai beau le mâcher jusqu'à l'épuisement il revient sans cesse dans ma main. Alors je lève mon verre à Hugo: cet immense dragueur de mille femmes qui n'en aimât qu'une.

390. au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable


Tu cherches mon regard. Jamais tu ne m'as demandé comme tant d'autres femmes: "à quoi penses-tu?" ce qui m'a toujours fait l'effet d'un passage de bulldozer. Tes lèvres se collent aux miennes, et la brûlure parcourt mon corps et éveille en moi celui que j'ai été. Mais ce qu'il y a encore de spontané dans cet élan se double aussitôt de besoin d'assistance et le visage moqueur de Carlotta passe devant moi; elle m'avait beaucoup fait rire, autrefois, en me disant de sa voix italienne: "lorsqu'un homme commence à guider d'abord ma main et ensuite ma tête, je sais qu'il n'en a plus pour longtemps."

Trop de vie, trop de connaissance, trop d'humour...Mes mains courent sur ton corps, s'attardent, insistent, mais je demande surtout à mes caresses de me stimuler moi-même. Je te touche doucement, à peine, à peine, pour que tes seins, tes cuisses creusent ma main de vide et m'appellent encore plus. Surtout, ne pas penser, ne pas se chercher et se guetter, mais faire appel à cette lucidité au second degré qui sait éviter ce qu'il y a de périlleux dans la lucidité. Ton visage, tes yeux se voilent, ta main me cherche...

- Oh toi, toi, toi...


Romain Gary.

26/01/2010

391. le savoir


l'ignoble constat au sortir du cuvier: "vous souffrez d'hypermnésie".

Tu en ris dans un premier temps: "ah bon...et c'est grave docteur?" en sachant bien que oui, tous les symptômes sont là et pour la première fois on a pointé une flêche sur toi qui vient de t'atteindre. Le secret est tombé, il n'y à plus à se cacher, sortons gaiement du placard avec nos personnalités à la con et explosont l'impensable.
Elle de se confier à son tour, la psy qui ravale sa fierté en se trouvant sur le divan; rôles inversés:

"C'est désarmant de se retrouver acculer par des patients plus intelligents que vous, que suis-je alors quand on me découvre, finalement? Je reste humaine, je ne détiens plus de secrets et tout se brise.

- J'aimerai changer cela, vous êtes là pour m'aider, non?

- Je ne sais pas, je ne pense pas. Je ne pensais pas venir ce matin dans le but que mon patient me perce ma carapace et en découvre plus encore sur moi que sur mon propre mari. Quel âge avez-vous?

- Vingt-quatre ans et des bananes.

- J'ai quarante-deux ans et des myrtilles, mon mari en a quarante-cinq. Me voici donc découverte, je ne peux plus. Je suis au bout du rouleau, comme je vous l'ai dit je ne pensais pas e livrer toute entière ce matin en me levant à mon patient et me retrouver perdu face à son peu de savoir mais la connaissance seule du secret humain et terrible; savez-vous que vous avec ce don de comprendre les personnes dans les moindres détails?

- On peut percevoir cela comme un fardeau?

- Bien sûr, c'est aussi extraordinaire, vous avez raté votre vocation!

- Pas pour moi, je me prends trop la tête, je n'aime pas les autres, alors me retrouver dans leur tête non merci!

- Mais vous êtes déjà dans leurs têtes à tous!

- A ce qu'il paraît oui, c'est en ça que c'est horrible, savoir quand on aime que tout va bien c'est beau, c'est romantique dans l'exemple, mais savoir qu'elle s'apprête de vous quitter avant qu'elle même ne le sache c'est horrible et répercutant.

- Répercutant pourquoi?

- Parce que je me demande sans arrêt cette chose: à force de savoir qu'elle allait me quitter, n'est-ce pas moi qui ai provoqué tout ceci?

- La question de la poule et de l'oeuf revisitée?

- Exactement, vous permettez que je fume??

- Oui oui, faîtes!

- Merci, et vous sinon, vous comptez faire quoi avec votre mari?

- Je ne sais pas vraiment, je vais rentrer, la table sera mise, il aura tout fait pour moi, le ménage et s'occuper des enfants. Il aura glissé dans la chaîne hi-fi mon CD préféré, allumé une bougie sur la table et me servira un exquis repas accompagné d'un excellent vin. Le repas se terminera en massage, une nuit d'amour torride, et épuisé il me dira je t'aime avant de s'endormir tendrement sur l'oreiller. Tout sera trop parfait et je vais en pleurer.

- Alors apprenez-lui l'originalité, dîtes-lui simplement que la perfection tue l'amour.

- Mais il remettra ça en cause, ajoutera que je suis psy, que je le pyschanalyse!

- Dîtes-lui seulement que ce n'est pas la psy qui parle mais la femme, celle qui est tombée amoureuse du beau jeune homme qu'il était à ses débuts, et que vous crevez d'envie de recommencer cette longue route, car après tout, ce n'est qu'un problème sumontable qu'il s'agit là, non?"


Mais j'ai quand même payé ma séance!

392. Un écrivain est un homme qui n'arrête pas d'écrire son testament


comme une envie de démence qui vous prend soudain sur l'oreiller. Vous n'avez alors plus qu'à en faire à votre tête, et votre corps défendant -je parle de celui qui ne tient pas la route- vous supplie par un livre inabordé depuis trop longtemps:


Il criait "Dieu est mort" en se bouchant les oreilles.


Mais tout le monde sait, ou devrait savoir, qu'un athlète au mieux de sa forme, c'est presque un squelette.


Je me suis fait un non.


Ecrire un peu, à la sauvette, comme on se brûle, m'aura peut-être appris à mieux parler.


Ce que nous nous reprochons généralement, c'est de n'avoir pas osé tuer. De ne pas s'être tué, aussi, par impuissance. Mais, enfin, il est bien vrai que le suicide, c'est l'impuissance où l'on se trouve de tuer trop de gens à la fois.


Il faut qu'il soit dominé pour dominer.


L'homme qui peint ne s'ennuie pas. Car tout est à peindre, à dessiner, à croquer. L'attention du peintre est perpétuellement sollicitée.


Un tableau c'est une pensée sous scellés.


Le tableau dit à l'homme: "ce que tu penses ne me regarde pas."


Que va faire le poète chez le peintre? Se rafraîchir les idées.


La poésie n'est pas exacte. Elle est juste. Et elle t'ignore.


Vivre est fatiguant. A tel point qu'on en meurt. On meurt de vivre, on n'en peut plus.


Alors, les yeux remplis du brouillard de Georges Perros, j'envoie la dernière salve de ce semblable de Michaux puis retourne me coucher:


Je crois que la poésie est une espèce de maladie, à rebours si tu veux, qui conteste plus qu'elle n'approuve, qui nous solidarise en nous retirant. C'est très simple ce que je veux dire: on ne peut pas vivre en poète.