Pages

29/05/2010

305. si rien ne bouge, le ciel devient rouge


Ce matin j'ai glissé sur le monde, envahi de nouveau ma chambre et je me suis occupé du petit. J'attendais des messages d'adieu avec impatience, rien ne venait. Tu n'avais qu'à les créer de toute pièce. Bon, d'accord. Réinventer le monde. Se donner de l'importance là où il n'y en a plus. Tout faire comme avant. Rire quand elle me pique mes mots. M'amuser de son nouveau elle qui se donne de l'importance en écartant les cuisses. Je suis un peu jaloux parfois du bonheur des autres, surtout quand ils empiètent sur le mien, qu'il réduit le mien aux oubliettes, faisant pencher la balance pour ainsi dire de l'autre côté. Mais ce bourdon je l'entendais déjà bien avant, je suis né avec ce bruit dans les oreilles. J'ai haï l'Entier dès la naissance, fallait continuer le principe. Je me suis arrangé, je rigole bien devant les photos à présent par jalousie méchante. Il faudrait que je me soigne. Elle faisant sa chaudasse. Elle en nuisette, pose sexy. Yeux fardés au maximum qu'on dirait une prostituée. Un chien dans ses bras, j'ai l'impression détonante d'être ce chien qui ronronne. Tout s'inverse. La jalousie est une tâche noire qui gagne du terrain. Mon corps est troué par cette tâche. Je sombre parfois en elle, continuant mon petit jeu. Elle souriant. Elle se faisant l'étoile du jour. Elle, toujours entrain de faire sa belle. Mais regarde-toi, sale putain, tu n'es rien. Tu es moche. Tu es comme moi.

Moi aussi je me prostituais le soir le long des avenues. Moi aussi j'ai voulu me croire beau. Moi aussi je me suis rongé les sangs la nuit, n'arrivant plus à dormir. Moi aussi je suis jaloux, tue-moi à en crever.
Bientôt j'écrirai ailleurs que dans ma barbe. Une impossible suite à moi-même. Le prolongement.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

overdose(s)