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07/09/2010

216. Carole Martinez, le coeur cousu


Mon nom est Soledad.
Je suis née dans ce pays où les corps sèchent, avec des bras morts incapables d’enlacer et de grandes mains inutiles.
Ma mère a avalé tant de sable, avant de trouver un mur derrière lequel accoucher, qu’il m’est passé dans le sang.
Ma peau masque un long sablier impuissant à se tarir.
Nue sous le soleil peut-être verrait-on par transparence l’écoulement sableux qui me traverse.
LA TRAVERSEE
Il faudra bien que tout ce sable retourne un jour au désert.

À ma naissance ma mère a lu ma solitude à venir.

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